mercredi 28 juin 2017

Sputnik News 28/06/2017

Entretien avec Hubert Fayard pour Sputnik News, 
au retour du Donbass

Hubert Fayard à Donetsk en juin 2017, un mariage du coeur et de la raison au service du Donbass
La délégation française venue dans le Donbass m'a surpris par son humilité, sa sincérité et la complémentarité constructive de ses membres. Entre Christiane l'humaniste, Marc l'attentif, Christian l'analyste et Hubert le politique, ces 4 personnages, qui ont quitté le chant de leurs cigales provençales pour celui des canons ukrainiens (heureusement calmes pendant leur séjour), ont su apporté dans la Donbass 4 regards qu'une intelligence de coeur fait converger vers un soutien compassionnel  envers ce peuple russe coincé depuis 3 ans maintenant entre le bélier ukrainien animé par l'OTAN et les murailles russes qui leur offrent protection et aide humanitaire. 

Au sein de l'équipe, Hubert Fayard est la cheville ouvrière du projet qu'il incarne au point d'en porter la responsabilité et la dignité. Observateur attentif et inquiet de la crise ukrainienne, il connait très bien les enjeux et les menaces de cette tectonique géopolitique et qui menacent aujourd'hui l'Europe entière d'un nouvel embrasement suicidaire.

Lors de cette brève mais intense première visite en république de Donetsk, Hubert a rencontré avec beaucoup d'émotion la population du Donbass, que ce soit les grands mères et familles bombardées de la ligne de front, les animateurs des centres de Donetsk ou les représentants des autorités gouvernementales. J'ai lu dans son regard comme dans ceux de ses compagnons de voyage, une immense compassion mêlée de respect et même d'admiration envers ce peuple qui par sa résiliation et son espérance nous donne dans une humilité infinie une leçon de vie exceptionnelle. 

A quelques heures de reprendre la route vers la terre de France, Hubert me confiait son désir prioritaire de revenir dans le Donbass pour pouvoir témoigner encore et encore de la souffrance du Donbass victime de la dictature criminelle de la marchandise qui a fait basculer l'Ukraine dans une guerre abjecte et cachée car à caractère génocidaire.

Infatigable car animé par les élans de son coeur, Hubert Fayard sur le chemin du retour, en posant un instant son bâton de pèlerin à Moscou, a confié au média Sputnik news ses premières impressions sur le Donbass. 

En partageant ici son témoignage je tiens à saluer également Christiane Pujol, Marc Pujol Christian et Hubert Borelli, sans oublier Emmanuel et Estelle Leroy, Kris Roman qui les ont également accompagné pendant ces 2 jours de leur engagement de coeur et de raison pour libérer la Vérité et aider la population du Donbass. 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Source de l'article : Sputnik News

"Oui j'ai vu un char russe dans le Donbass"


Ce Français s’est plusieurs fois rendu dans le Donbass et a vu de ses propres yeux les hostilités, la terreur, l’espoir et le bonheur de la population locale. Maintenant, le temps est venu pour Hubert Fayard de rompre le silence et de parler ouvertement au micro de Sputnik sur la situation dans la région.

Hubert Fayard, conseiller municipal et président du centre national des entrepreneurs privés du département des Bouches-du-Rhône, s'est rendu plusieurs fois dans le Donbass.

La semaine dernière, il s'est entretenu avec le ministère des Affaires étrangères de la République Populaire de Donetsk (RPD) sur la création du premier centre représentatif de la RPD en France qui ouvrira bientôt ses portes à Marseille et sera présidé par M. Fayard.


Le centre représentatif aura pour but d'«informer et de réinformer les gens», car les médias mainstream ne donnent qu'une vision unipolaire de la situation dans la région, appuyée par les préjugés sur la Russie datant de l'époque de la guerre froide, selon M. Fayard.

Pourtant, lorsqu'il s'est rendu dans le Donbass, ce Français a été frappé par l'incohérence des informations que l'on présente aux Européens sur la vie dans la région.

«C'est une nation qui va de l'avant, qui a beaucoup de projets économiques et un avenir».

Il a même ironisé sur la présence des «méchants Russes» dans la région.

«Oui, j'ai vu un char russe… je l'ai vu au musée de la guerre à Donetsk il s'agit d'un T-34. Il y a un char russe, je vous le confirme», a-t-il dit.



Il s'est souvenu d'une rencontre avec une babouchka vivant dans des conditions désastreuses, qui lui a demandé l'opinion de l'Occident sur la situation dans le Donbass.

«À l'Ouest, on dit que vous êtes envahis par les Russes et elle répond: «Peut-être que cela serait bien s'ils viennent, mais le problème c'est qu'ils ne sont pas venus».

M. Fayard a également évoqué la reconnaissance des gens envers la Russie, qui leur livre régulièrement de l'aide humanitaire.

«La population locale doit dire un grand merci à la Russie. Beaucoup de gens m'ont dit: "Nous serions morts si nous n'avions pas eu l'aide de la Russie".»

Hubert Fayard a ainsi pour mission de faire entendre la voix des habitants de la RPD à l'étranger et notamment en France, l'un des pays qui est partie prenante des accords de Minsk, à l'aide de différents moyens de communication.

«Même si le Donbass n'est pas reconnu, la République est une nation. Et d'ailleurs à ce sujet je m'apprête à prendre un rendez-vous avec les autorités françaises (le ministère des Affaires étrangères, ndlr) en tant que représentant officiel de la République de Donetsk. Et je m'apprête aussi à informer tous les corps diplomatiques qui sont présents en France de l'existence de la représentation de la République de Donetsk», a expliqué M. Fayard.
Pour l'instant, M. Fayard n'a pas encore été en contact avec le quai d'Orsay, expliquant sa démarche par l'envie d'agir librement et de manière indépendante. C'est donc pour cette raison qu'il n'était pas en mesure de venir dans le Donbass avec le drapeau français.

«On m'a reproché d'avoir pris le symbole de la République française. Les symboles de la République française comme le drapeau appartiennent à tous les citoyens français et à tous les élus français parce que nous sommes les élus de la République ».

Il souligne notamment qu'il est le grand temps d'ouvrir les yeux et de voir une version alternative des faits, tels qu'ils sont perçus par les gens de la RPD, car dès qu'un Européen se met du côté de la Russie, il acquiert immédiatement un nombre impressionnant de qualificatifs peu avantageux.

«Depuis que je suis arrivé là-bas, je suis un bandit, un terroriste, alors je suis un tueur, j'ai touché des milliers d'euros de M. Poutine… Je ne l'ai jamais rencontré, mais j'aimerais bien, je suis aussi un idiot… moi j'ai tout», a conclu Hubert Fayard.


Entretien réalisé à Moscou par Sputnik news


L'article en anglais ici

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